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Les jardins ne sont pas très harmonieux sans le chant des oiseaux, la présence d'eau, la senteur des fleurs... Aussi, nous voudrions par cet article essayer de vous donner quelques éléments pour créer un fichtrement bon jardin, où vous aurez du plaisir à passer de bons moments dans le silence qui n'est pas, ici, synonyme d'absence de joies et de plaisirs épanouissants...
Préambule pour une bonne réflexion...
1°) Le constat :
Vous disposez d'un terrain ? Vous avez déjà un jardin mais vous aimeriez le rendre "vivant" ? Les grandes étendues de gazon, faciles à tondre mais finallement assez monotone à la longue vous interpelle : Comment rendre ce jardin plus dynamique, plus agréable ? Il y a, chez l'homme, un besoin de retour à la nature authentique qui finit toujours par se manifester lorsqu'il commence à prêter attention à la vie, c'est-à-dire au chant des oiseaux, aux senteurs qui varient selon les saisons, au chant des grillons et autres insectes, aux activités même nocturnes qui ravissent nos sens et créent une détente harmonieuse pour chacun de nous... n'ayons pas honte de le dire !
La première chose pour rendre un jardin vivant est de donner à la nature le droit d'évoluer à sa manière. Au lieu de vouloir une surface propre et dégagée, pourquoi ne pas envisager des sentiers entretenus au milieu de bosquets plus sauvages ? Pourquoi ne pas envisager de remettre en place une multitude de facteurs variés qui ramèneront chez vous une vie foisonnante et passionnante ? Cela ne signifie pas que vous devez laisser votre jardin à l'abandon, ou encore renoncer à y déambuler ou à y installer un banc, bien au contraire ! Un jardin de vie n'est pas forcément incompatible avec la présence (discrète) de l'homme.
2°) Les facteurs à mettre en place :
Pour vous aider à créer un fichtrement bon jardin d'oiseaux (et plus précisément un jardin de la biodiversité) nous vous proposons de réfléchir aux points suivants :
- Quelle est la nature de mon terrain (terre argileuse ou tourbeuse, calcaire ou acide, profonde ou rocailleuse ?)
- Quel est le contexte environnant (citadin, rural, montagnard, collinaire, dans le causse, en zone marécageuse... ?)
- Quels sont les éléments qui me paraissent importants pour attirer la biodiversité (Création d'une mare en zone plutôt sujette à la sécheresse l'été ? Création et pose de nichoirs en ville et en zone rurale où les lieux de reprodution ont largement diminué du fait du remembrement mais aussi de la restauration massive des vieilles habitations ? Plantation d'une haie ou de bosquets sauvages pour fournir un abri aux oiseaux ? Nourrissage des oiseaux l'hiver ? etc.) Vous verrez, les idées ne manquent pas et viendront à votre esprit au-fur-et-à-mesure que votre intérêt pour la nature augmentera !
- Puis-je me rapprocher d'une association nature locale pour apprendre à identifier le milieu dans lequel je vis, ses attentes, ses besoins ?
- De quel facteur temps/budget est-ce que je peux disposer pour fournir un effort sur le long terme et dans la régularité ?
- Puis-je impliquer ma famille (époux/épouse, enfants, amis...) dans ma démarche et profiter de cet attrait pour consolider et enrichir les liens entre nous !?
- Suis-je prêt à renoncer à certaines appréhensions au sujet des animaux et insectes et à prendre conscience que chacun à son utilité dans mon jardin (Il n'existe pas d'animaux ou d'insectes volontairement agressifs dans la nature, il n'existe que l'incapacité de l'homme moderne à retrouver les bons réflexs pour vivre en harmonie avec la nature ! La prise de conscience de certains éléments vous permettront de vous réapproprier ces bons réflexes qui permettent de comprendre certains signaux et donc de laisser à l'expression naturelle le soin de vous informer ! La relation entre signaux venant de la nature et conscience de ce qu'ils représentent est capitale pour vivre en harmonie avec la nature, mais cela s'apprend avant tout non pas par des cours théoriques mais par l'augmentation de vos propres capacités d'observation et d'analyse.)
3°) Les "recettes" que tout le monde peut mettre en place :
- Création d'une zone acquatique : Même de petite surface, elle est un élément capital pour donner vie à votre jardin. Nous développerons un article sur les créations de mares petites et grandes dans un prochain article.
- Plantation d'une haie ou de bosquets : Bien réfléchis, ils deviennent pour les oiseaux et petits mammifères (hérissons qui mangent escargots et limaces par exemple) des sources de :
- sécurité,
- nourriture,
- et un lieu de reproduction et de nidification pour certains d'entre eux. (ex. La fauvette à tête noire qui se nourrit de baies essentiellement et dont le chant magnifiquement mélodieux vous enchantera dés le printemps !)
- Plantation d'arbres à baies (sureau noir, cognassier, prunier sauvage, prunelier, pommier sauvage ou d'ornementation, néflier, etc.), d'un verger (si le terrain est assez grand)...
- Nourrissage des oiseaux en période hivernale (fera l'objet d'un article) ;
- Création et pose de nichoirs (fera l'objet d'un article à venir également.)
4°) Liste d'arbres et arbustes endémiques et résistants :
La création d'une haie ne doit pas être réalisée avec une seule espèce végétale, d'abord parce que ça n'a aucun intérêt du point de vue de la biodiversité, et ensuite parce que ces haies sont très fragiles (elles peuvent dépérir entièrement lors d'une attaque de maladie justement parce que celle-ci se transmet d'un plant à l'autre de manière foudroyante lorsqu'ils sont de même espèce !)
Voici une liste non exhaustive mais déjà bien fournie. N'oubliez jamais un principe de base, toujours un nombre impair de pieds de même espèce lors de la plantation !
- Pyracantha (arbuste épineux à feuillage persistant qui sert de refuge aux oiseaux. Vous pouvez le planter en haie à double rangée - plants espacés d'un mètre et rangées espacées de 50 cm) ou en bosquets. Vous pouvez par exemple créer un bosquet et ceinturer celui-ci d'arbustes piquants, cela jouera le rôle naturel d'une protection contre les prédateurs (chats notament) et donnera aux oiseaux une bonne sécurité de refuge.
- Berberis (idem ci-dessus mais feuillage caduc - conserve bien sûr les épines toute l'année !)
- Sureau noir (feuillage caduc - ses baies sont comestibles une fois cuites en confitures mais il ne faut surtout pas le confondre avec le sureau hièble dont les baies sont très toxiques.) Bien sûr, laissez des baies aussi aux oiseaux, ils en rafolent !
- Sureau rouge ;
- Amélanchier - superbe arbuste fleurissant au printemps, que l'on peut planter en isoler et dont les fruits sont comestibles aussi par l'homme.
- Argousier (à ne pas confondre avec l'arbousier) qui procure de bonnes baies pour les oiseaux. Feuillage caduc.
- Arbousier (autrement appelé arbre à fraises qui procure des baies comestibles aussi par l'homme au bout d'un an de mâturité. Feuillage persistant).
- Bourdaine ;
- Camérisier ;
- Cerisier à grappes ;
- Cerisier Sainte Lucie ;
- Cognassier (éviter le cognassier du japon, non indigène) ;
- Cotonaester (il en existe plusieurs variétés, privilégiez toujours les espèces indigènes !) Feuillage persistant. Baies très intéressantes pour les oiseaux ;
- Sorbier des oiseleurs - Très intéressant en haies ou en isolé, feuillage caduc ; comme son nom l'indique ses baies sont très prisées des oiseaux !
- Eglantier ;
- Erable champêtre (mellifère et bourgeons prisés par les pinsons des arbres notament) et érable de Montpellier (supporte relativement bien la sécheresse et les terrains calcaires) ;
- Fusain d'Europe (très bel arbuste en haie ou isolé) ;
- Groseilles des Alpes ou à maquereau (comestibles tant par l'homme que par les oiseaux) ;
- Houx ;
- Néflier ;
- Noisetier ;
- Pistachier lentisque ;
- Poirier sauvage ;
- Poirier Williams obligatoirement greffé sur cognassier (ainsi, il est résistant même en terrain calcaire et lourd) ;
- Prunelier et/ou prunelier myrobolan ;
- Rosier rugueux ;
- Troène ;
- Viorne lentane ;
- Viorne commune ;
- Viorne obier ;
- Goyavier de montevides (feijoa) ;
- Maqui à feuillage panaché ;
- Myrte ;
Mais encore :
Quelques photos d'un jardin "vivant"...
 


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